On a lu : American Dream, l’épopée des français en NBA

Tony Parker, celui qui a montré la voie (crédit photo : REUTERS)
Tony Parker, celui qui a montré la voie (crédit photo : REUTERS)
Rudy Gobert va-t-il prolonger avec les Utah Jazz ?  Kevin Séraphin pourra-t-il percer aux Indiana Pacers ? Ces questions qui animent les médias sportifs rappellent que les Bleus font l’actualité en NBA depuis plus d’une dizaine d’années déjà. L’occasion pour Team Sport Eco de vous faire découvrir American Dream, L’épopée des français en NBA de Thomas Berjoan, paru chez Solar Editions le 1er septembre dernier. 
Avant de vous donner notre avis sur ce bel ouvrage, nous avons souhaité, en 4 dates marquantes, retracer le parcours de nos Frenchies en NBA
1960 – Jean-Claude Lefebvre, le tout premier

Si l’essentiel de l’aventure des français en NBA est récente, il ne faut pas oublier que tout a commencé dans les années 1960 acec Jean-Claude Lefebvre. Ce « géant malgré lui » (2m18) reste le premier à traverser l’Atlantique , drafté (mais oublié) par les Lakers.

« J’ai cru que le sport m’aiderait à devenir un individu comme les autres au sein d’une équipe, un parmi d’autres » regrette l’intéressé. Son gabarit hors norme, ses performances en universitaire et l’engouement des américains lui réservent un tout autre parcours… avant une retraite sportive dédiée à l’agriculture.

American Dream, un ouvrage rétrospectif de l'épopée des français en NBA
American Dream, un ouvrage rétrospectif de l’épopée des français en NBA

1984 – Canal + diffuse le championnat américain

Plus de vingt ans plus tard, Canal+ diffuse pour la première fois la NBA lors de la saison 1984/1985. Les jeunes français des années 80 découvrent et rêvent du show à l’américaine : un basket athlétique au jeu spectaculaire dans un sport déjà très professionnalisé. Les stars existent déjà, les sponsors sont là, les salaires élevés. Jacques Monclar se rappelle d’une époque « où le salaire maximum en France, c’était le salaire minimum en NBA. Ce n’est plus le cas« .

1992 – La Dream Team et Jordan inspirent une génération de basketteurs

Interviewé par l’auteur, Monclar explique en quelques mots le rôle décisif de l’équipe de basket-ball américaine aux Jeux Olympiques de Barcelone, en 1992. Le monde entier voit alors débarquer en Europe une équipe de stars au jeu flamboyant.

En même temps, les recruteurs de la ligue américaine s’ouvrent et commencent à regarder du côté de l’Europe. Au niveau business c’est une quasi-obligation que d’ouvrir les portes aux joueurs du monde entier : pour promouvoir la NBA dans un pays, quoi de mieux que des joueurs dudit pays ?

C’est un tournant dans la transformation du basket qui se mondialise : « La France s’inscrit dans un mouvement global de progrès du basket sur toute la planète » souligne Jacques Monclar.

2001 – Tony Parker : le meneur qui a tout changé pour les français

Dès la préface, Georges Edy résume l’histoire du basket français aux Etats-Unis par cette simple phrase : « la draft de Tony Parker par les San Antonio Spurs a été le tournant majeur de l’histoire des joueurs français en NBA« . Le commentateur explique ce que « TP » a changé : « il est devenu titulaire d’une équipe NBA championne en 5 matchs et à 19 ans« .

Dans toute sa carrière, « TP » impressionne par ses exploits sportifs plus encore que les rémunérations et montants de transferts que lui réservent le basket-ball américain. Si Parker devient une personnalité en se mariant avec Eva Longoria c’est le sportif qui fait la différence entre Parker et ses précurseurs de quelques années Tariq Abdul-Wahad ou Jérôme Moïso.

« Arriver en NBA c’est une chose. Mais ce n’est que le début »

Avec Parker en leader naturel, le contingent français en NBA se positionne juste derrière le Canada avec 23 joueurs ayant évolué dans la ligue américaine. Le poids dans leurs équipes et le palmarès valorisent nos basketeurs tricolores. Dans le sillage de Parker, Diaw, Batum, Noah et bien d’autres deviennent des cadres de leurs équipes respectives.

Les raisons de ce succès des Bleus en NBA sont diverses et détaillées dans l’ouvrage. Dans les grandes lignes : une combinaison de qualités athlétiques (la base en NBA), la culture « basket » (nécessaire pour progresser) et une force mentale (pour percer et tenir dans un milieu professionnel hautement concurrentiel).

Nicolas Batum reprendra-t-il le filon ? (Crédit photo : PRESSE SPORT)
Nicolas Batum reprendra-t-il le filon ? (Crédit photo : PRESSE SPORT)

Notre avis

Le moment choisi pour sortir cette histoire est très intéressant : Parker est à quelques années de la fin de sa carrière en NBA tandis qu’une nouvelle génération de basketteurs français pointe le bout de son nez. Ainsi, Thomas Berjoan dispose du minimum de recul nécessaire pour raconter le début d’une histoire qu’il espère longue : celle des français en NBA.

Journaliste spécialisé dans le basket-ball et habitué des ouvrages rétrospectifs, l’auteur s’appuie sur son expertise et sur un de nombreuses interviews et citations des connaisseurs francophones du basket-ball pour ponctuer avec justesse cette histoire.

Bien entendu, le travail de documentation a été plus que minutieux, comme par exemple avec une classification détaillée de l’historique des salaires en NBA.

La prise en compte de la dimension économique, réelle, (profesionnalisation des sportifs, droits TV, sponsors, salaires, people) vient enrichir cette analyse et donne des clés de lecture supplémentaires.

Au final c’est un livre à recommander aux fans de sport et de basket. Ils prendront plaisir à découvrir ou redécouvrir les destins des joueurs français, également au travers de portraits bien pensés. Au delà du phénomène Tony Parker qui occupe une bonne place dans l’ouvrage, de nombreuses anecdotes raviront les amateurs. Les générations actuelles et futures savent désormais l’exemple à suivre pour réussir en NBA : celui donné par la génération Parker !

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