Sandy Heribert : journaliste, speaker … indépendante !

Sandy Heribert, véritable couteau suisse su sport et de la TV ! (crédit photo : Facebook Sandy Héribert)
Sandy Heribert, véritable couteau suisse du sport et de la TV ! (crédit photo : Facebook Sandy Héribert)

A l’Ascension, Paris Match mettait à l’honneur les journalistes sportives françaises en amont d’un été sportif qui s’annonce chaud (Roland Garros, Euro 2016, JO, etc.). Néanmoins, certaines d’entre elles n’ont pas été citées par l’hebdomadaire. Elles gagnent pourtant à être connues. Commençons par Sandy Heribert.

S’il vous arrive de regarder I-Télé ou L’équipe 21, vous avez sûrement dû tomber sur elle. Car cette journaliste franco-britannique y présente depuis septembre les JT Sports en intermittence avec les titulaires de la chaîne.

Pourtant, Ces piges « remplacements » assez visibles ne sont que la partie émergée de l’iceberg ! Au delà d’animation de conférences (Sport, droits des femmes, etc.), Sandy Heribert fait également le bonheur de la télévision belge ; depuis le début du printemps, plusieurs fois par semaine, elle se rend à Bruxelles pour intervenir, dans l’émission quotidienne de RTL, De quoi je me mêle.

Free-lance, le choix de l’indépendance

L’histoire est donc belle pour celle qui a débuté à Eurosport il y a 8 ans. « Je suis arrivée chez Eurosport en 2008, après un Master en Marketing des médias à l’ISC. J’ai été embauchée en tant que Responsable marketing et communication du WTCC (World Touring Championship). De la vraie « bagnole » (NDLR : une de ses passions) ! J’ai fait 4 ans de tour du monde inoubliables avec ce poste mais je ne me sentais pas accomplie. Je rêvais depuis toujours d’être journaliste. Charles-Antoine Moulin, alors à la tête d’Eurosport 2, mon « mentor » comme j’aime l’appeler, a cru en moi, en mon projet et en mon potentiel. J’ai donc pu profiter de mon DIF afin d’intégrer le Master de Journalisme au CELSA et en parallèle passer des essais plateau en interne. Et ça a marché ! ».

Très vite, Eurosport lui fait confiance et la propulse dans le grand bain notamment à l’étranger. Son bilinguisme est un atout ;  elle est envoyée au Canada pour présenter les Championnats du monde de snowboard en direct puis ceux de ski freestyle en Norvège. Mais, pour elle, l’apothéose fut les Jeux de Sotchi en 2014 où «  sur place, deux fois par jour, et en prime time » elle présentait l’émission des JO « en plateau, devant le parc Olympique », sur Eurosport international.

Mix Equipe 21 from Sandy Heribert – Journaliste on Vimeo.

Même si elle reconnaît que l’aventure chez Eurosport a été très belle et « une magnifique opportunité de carrière », « tout s’est passé très vite, peut-être même un peu trop vite. J’avais touché le Saint Graal des journalistes sportifs : couvrir les JO. Au retour de Russie, le reste n’avait plus vraiment de saveur et je perdais un peu l’envie, reconnait-elle ». Le changement s’imposait donc. « En France, on est vite rangé dans des cases et je n’avais pas envie d’être enfermée dans quoi que ce soit. J’avais envie de me frotter à plein d’autres domaines et d’autres métiers autour du sport. Le sport fait partie de ma philosophie de vie, je suis honorée de pouvoir travailler dans ce secteur mais il y a plein d’autres choses qui m’intéressent ! Le choix n’a pas été facile mais j’ai décidé de me mettre à mon compte, en freelance, et multiplier les expériences ».

Speaker dans les stades, kesako ?

Ce statut de journaliste indépendante lui permet donc de mener une pluralité de projets, sans pour autant être exclusive à une chaîne ou une entité. Cela lui donne aussi le temps et la flexibilité pour une autre de ses activités, qui devient de plus en plus prépondérante dans son agenda : speaker, « un vrai complément » à son métier de journaliste car elle est « au cœur même de l’événement et au contact du public ».

En clair, un speaker est le garant du bon déroulé de tout évènement sportif mais surtout de l’ambiance dans le stade. Il s’occupe du protocole, des shows avant-match, de l’animation du public, des interviews pré et post-match et enfin des cérémonies. « J’ai commencé par les championnats du monde d’aviron en août dernier puis j’ai enchaîné avec l’EuroBasket à l’automne 2015, nous confie-t-elle ».

Mix Eurobasket 2015 from Sandy Heribert – Journaliste on Vimeo.

Et l’aventure n’est pas prête de s’arrêter: on la verra pendant l’Euro 2016 sur les pelouses de toutes les rencontres disputées à Lyon (Parc OL) et à Saint-Etienne (Geoffroy Guichard) puis au Stade de France pour la finale. Cerise sur le gâteau, cet été, après l’Euro, elle s’envolera pour Rio afin de présenter les épreuves d’escrime, de taekwondo et de basketball  lors des prochains Jeux Olympiques. «Je serai la seule personne venant de France à bosser directement pour le comité Olympique et ça c’est assez fort, précise-t-elle ».

Sa recette pour réussir ? « Je travaille énormément et sans relâche. Je pousse les portes, c’est vrai, et je sais saisir les opportunités. C’est peut-être là clé de la réussite dans ce métier dominé par les hommes : ne pas avoir froid aux yeux, s’affirmer et montrer qu’on est là, à sa place, pour les bonnes raisons. Rien n’arrive seul ou par hasard, j’ai bossé très dur, j’ai pris des portes et j’ai essuyé bon nombre de mesquineries du milieu ces 3 dernières années, mais j’avance et je ne regarde jamais en arrière. Il y a de la place pour tout le monde, lorsqu’il y a du talent ; à force de l’entendre de mes pairs et des « anciens », en poste depuis longtemps, j’y ai cru à ce « talent ». Et je continue d’y croire ! ».

Femme speaker, un métier en devenir ?

Speaker, ce métier où vous êtes en direct, sans filet, au cœur d’enceintes de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs et « où les enjeux et conditions sont tels qu’on n’a pas le droit de se louper »  pourrait-il l’occuper à plein temps ?

Sandy Heribert, speaker à l'EuroBasket (crédit photo : Facebook Sandy Heribert)
Sandy Heribert, speaker à l’EuroBasket (crédit photo : Facebook Sandy Heribert)

Non, car, tout d’abord, « il n’y a pas assez d’événements sur lesquels je pourrai travailler pour en vivre toute l’année. Très peu de speakers, en tout cas en France, en vivent à 100%. Mes compères de l’Eurobasket, par exemple, Vincent Royet et Benjamin Clement, sont pour le premier animateur Radio et le second ingénieur. Aux Etats-Unis, on peut plus facilement en vivre, les salaires n’ont rien à voir avec les notre et leur notoriété est démultipliée. Ce sont de véritables stars ».

Autre raison, selon elle « les stades restent encore des univers globalement masculins avec des raisonnements malheureusement encore assez machistes. C’est surement pour cette raison qu’il y a encore trop peu de femmes speakers. (NDLR : Anne-Sophie Roquette, speaker du  LOSC, était la seule en Ligue 1, mais elle a tiré sa révérence à la fin de cette saison). D’ailleurs à Rio, « sur 110 speakers, il y aura seulement 4 ou 5 femmes ».

Pour elle, la féminisation n’en est qu’à ses débuts dans cet univers. « Je ne suis pas spécialement féministe, mais, oui, je pense que les femmes doivent occuper davantage l’antenne et les stades. Il y a encore trop d’inégalités alors que nous sommes aujourd’hui des expertes de nos domaines. Nous avons notre savoir faire, notre style et notre approche à apporter. »

Enfin, dernière raison pour laquelle, on ne l’a verra pas qu’avec un micro dans les stades et autres enceintes sportives : « quitte à me répéter, je n’aime pas l’idée d’être rangée dans une case, sourit-elle. J’aime réaliser, approcher et accomplir plein de différentes choses dans mon domaine d’activité » C’est pour cela qu’elle continue sur sa lancée, tentant sans cesse de nouvelles expériences. La collaboration avec RTL Belgique s’avère concluante, il y a donc de fortes chances de l’y retrouver plus souvent dés la rentrée notamment avec sa propre émission santé et bien-être. « Sinon, j’ai aussi récemment tourné le pilote d’un magazine TV de découverte où je suis en totale immersion. Je suis une baroudeuse, j’aime voyager en sac à dos à l’autre bout du monde. Si ça se fait, je serai vraiment dans mon élément ! ».

La question, n’est donc pas de savoir si nous allons revoir Sandy Heribert mais plutôt où !

Pour plus d’infos sur Sandy Heribert : son site Internet, son compte Twitter et sa page LinkedIn

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