On a lu : Ma Vérité de Diego Maradona

Ma Vérité de Diego Maradona, chez Hugo Sport (crédit photo : compte Twitter Hugo Sport)
Ma Vérité de Diego Maradona, chez Hugo Sport (crédit photo : compte Twitter Hugo Sport)

Hugo Sports, que l’on ne présente désormais plus sur TeamSportEco, vient de nouveau de frapper un très grand coup en publiant, aujourd’hui, Ma Vérité, l’autobiagraphie de Diego Maradona. Nous vous racontons.

« Quel roman pourtant que ma vie, disait, avec fierté et nostalgie, Napoléon, en 1816, alors en exil sur l’île Sainte-Hélène ». Cette citation, sans hésitation, pourrait très bien s’appliquer à Diego Maradona, tant sa carrière et sa vie ont été extraordinaires ! Alors, quand on a entre les mains, un ouvrage, signé par el Pibe del Oro himself, titré Ma vérité, on se dit que l’on va avoir un véritable chef d’œuvre, très rock n’roll, un peu comme Life, l’autobiographie de Keith Richards.

Pour être honnêtes, quand nous avons découvert le titre complet de l’œuvre, Mexico 86. Mi Mundial. Mi verdad. Como ganamos la Copa, nous avons été, sur le moment, un peu étonnés. La Coupe du Monde 1986, la main de Dieu, nous ramenaient à une période limitée, révolue, lointaine. Quelle frustration de se limiter à une si courte période tant les frasques de Maradona s’étalent sur plusieurs décennies. Pourtant, à notre grande surprise, cette période, « le moment le plus heureux de sa vie sur un terrain », nous fait découvrir le meilleur de l’argentin, lorsqu’il était au sommet de son art.

Les Yeux dans les Bleus version Diego

Imaginez que les Yeux dans les Bleus aient été tournés en 1986 et que Diego Maradona en soit à la fois l’acteur et le réalisateur. Cela vous donne une idée de ce que peut être Ma Vérité. Avec un style bien à lui, direct, parfois châtié, Diego Maradona « l’homme qui a mis deux buts contre l’Angleterre, et l’un des rares Argentins à avoir déjà soulevé la Coupe de Monde… » raconte comment l’Argentine, une « équipe que personne n’aimait » a réussi à remporter le titre mondial « envers et contre tout, et contre tous ». Ce récit, SON récit, SA vérité, tombe à un moment où certaines voies en Argentine ont tenté de réécrire l’histoire. Maradona souhaite ainsi raconter sa version de l’histoire, tout en profitant pour régler certains comptes datant de l’époque (Bilardo le sélectionneur argentin de l’époque, Passarella, l’autre star de la sélection, la FIFA, l’AFA, la Fédération argentine de football, l’arbitrage).

Dès la phase de préparation, par le présent et les yeux de Maradona, on vit de l’intérieur la vie de cette sélection « qui manquait de tout » et qui « est arrivée là où elle est arrivée presque à poil ». On apprend très vite que les joueurs, selon un système d’autogestion tolérée, ont pris le pouvoir (« Nous avons su établir nos propres règles et un faire un peu ce que nous voulions ») et ont laissé de côté, Bilardo, le sélectionneur (« pendant la semaine, Bilardo ne mettait pas grand-chose en place lors des entraînements »).

La main de Dieu, racontée par Maradona (Crédit photo : archives L'Equipe)
La main de Dieu, racontée par Maradona (Crédit photo : archives L’Equipe)

Au fur et à mesure du récit, match après match, on vibre, on s’enthousiasme avec le groupe, comme si on y était. Des coups subis contre la Corée, du match référence contre l’Italie où la certitude de gagner est née et la qualification contre la Bulgarie, on arrive vite au huitième de finale contre l’Uruguay, le match où Maradona n’a rien manqué du tout. Et vient, le fameux quart de finale contre l’Angleterre, match joué dans un contexte particulier, juste après la fin de la Guerre des Malouines. Pourtant, « ce n’était qu’un match de football », « un vrai match entre gentlemen » où « la politique n’avait pas sa place ». C’est peut-être pour cela que «  ce match est entré dans l’histoire » avec deux buts phénoménaux de Maradona qu’il nous relate en toute sincérité : tout d’abord, la célèbre « Main de Dieu » – « ce but de la main, je ne le regrette pas » puis un rush au travers de la défense anglaise qu’il élimine intégralement avant de crucifier le gardien. Enfin, après une demi-finale victorieuse contre sûrement « la meilleure équipe que la Belgique n’ait jamais eu en Coupe du Monde », la finale contre des Allemands (3-2), remportée grâce à une condition physique supérieure et un collectif au firmament.

Maradona reste Maradona

Au travers de cette épopée, Maradona parle bien sûr de lui, de ses ressentis, de ses coups de gueule mais il n’oublie jamais l’équipe, ces « héros » : « les grands joueurs ne peuvent rien faire, rien gagner sans une grande équipe ».

Bien entendu, Maradona ne serait pas Maradona s’il ne se permettait pas quelques digressions, quelques envolées contre ses ennemis d’hier et d’aujourd’hui. En vrac : la finale perdue de la Coupe du Monde 1990 qu’il pense arrangée  – « j’ai la sensation de m’être fait voler». L’attribution du ballon d’or qui l’a floué de quelques trophées. Sa « rivalité » contre Platini et son « double jeu ». Pelé, qui « s’est allongé devant les dirigeants et a oublié les joueurs ». Et enfin ses conseils à Lionel Messi pour qui il n’a aucune jalousie, au contraire : « jouer avec le maillot de la sélection sur le dos, c’[est] la chose la plus importante du monde » ou avoir plus « la vision du jeu » que « la vision du but ».

Une très belle histoire contée par un narrateur unique, hors pair, sans langue de bois : c’est ce que ous vous invitons à découvrir dans ce livre !

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