On était au Paris Sevens : French Flair, on t’a retrouvé !

Samoa vainqueurs du trophée de ParisLe tournoi HSBC Sevens de Paris s’est achevé dans la liesse Porte de Saint-Cloud  dimanche 15 mai. Après un magnifique tournoi où les Français ont brillé, terminant 3e d’une compétition de haut niveau, c’est l’occasion de sortir les grands mots: French flair, on t’a retrouvé !

Avec les trois journées de tournoi disputées à Jean Bouin, le retour du Sevens à Paris a été une véritable réussite.  On en retiendra d’abord une chose : le jeu ! Devant les 50 000 personnes qui se sont succédé tout au long du week-end, ce fut une constante. Dans une ambiance folle et festive, toutes les équipes ont joué, montrant le potentiel incroyable du Sevens à tous niveaux : sportif, médiatique et marketing. Un évènement comme on en a rarement vu à Paris.

Du jeu, du jeu, du jeu…enfin !

A ceux que le rugby à XV déçoit par trop de frilosité défensive – TOP 14, dernière finale de Coupe d’Europe -, aux nostalgiques du jeu à la française, le HSBC Paris Sevens a apporté la plus belle des réponses : le sept a fait se lever les foules. Car jouer pour gagner est la seule règle qui vaille. Ici, point de bonus défensif, de combat à outrance et d’affrontement pour détruire le jeu adverse. En Sevens, seul le jeu vaut. Ça se voit et ça paie.

Des équipes joueuses et qui donnent tout pour marquer comme les Samoa en finale malgré un retard de 20 points en fin de première période ; des joueurs français qui ne se posent pas de questions et qui ne jouent pas petit bras, bref qui se font plaisir devant plus de 18 000 spectateurs dimanche ! Un bonheur.

Le Sevens invite à un tel état d’esprit mais reconnaissons-le : on avait perdu l’habitude comme l’admet Jean-Claude Skrela, manager des équipes de France à 7 : « «Les gens m’ont dit qu’ils étaient heureux de ce qu’ils voyaient !». On peut légitimement comprendre cette joie. Comment ne pas apprécier ce jeu d’attaque à outrance, où l’on retrouve l’essence du rugby ou encore cette équipe de France qui réunit sous les mêmes couleurs  David et Goliath, Terry Bouhraoua et Virimi Vakatawa ?  Le « rugby des romantiques » a donc toujours sa place. Pis, il peut être compétitif, incroyablement valorisant et spectaculaire ! Une aubaine à saisir pour les annonceurs, les sponsors, les diffuseurs et plus encore pour la FFR si elle saisit le ballon au bond comme l’a fait World Rugby.

L’insouciance made in France : L’esprit mousquetaire !

Les Français terminent 3e de leur tournoi. Une véritable performance. Battus chez eux par des Fidjiens qui caracolent au classement mondial (166 points contre 75 pour les Français), ils ont su puiser dans leurs ressources pour égaler leur meilleure performance sportive et battre une équipe d’Argentine qui a fait très forte impression – une équipe qui aurait dû être en finale à une passe près !

Comme le XV, le rugby à VII fait peau neuve avec un peu de rouge
Une équipe de France séduisante

Ce groupe de joueurs inconnus du grand public nous a montré sur 3 jours que lorsque l’on leur donne du temps, les Français sont capables de rivaliser avec tout le monde. Pour reprendre les mots de l’entraineur Frédéric Pommarel dans l’Equipe du 16 mai 2016 : « par l’habitude, par les automatismes qu’ils ont tissés entre eux » le jeu français  s’appuie sur un très beau jeu de passes, de soutien permanent et surtout fait place à l’inspiration! Typiquement « French Flair », bien aidé, il est vrai, par Virimi Vakatawa, facteur X de l’équipe de France élu meilleur joueur du tournoi. Autant d’éléments qui peuvent à moindre coût être employés par la fédération et ses partenaires pour gagner en exposition et en visibilité.

Vakatawa-Zlatan-rugby-sevens-HSBCParis vaut bien une messe !

Après 10 ans d’absence, on pouvait pourtant s’inquiéter d’un retour dans un certain anonymat…un jour de pont de mai. Et pourtant, chants, déguisements, public venu de partout – le Kenya incitait sur le site même de son ambassade, ses ressortissants à venir soutenir leur équipe ! -, tout fut réuni trois jours durant pour faire vivre à tous, sportifs comme spectateurs, un moment rare Porte de Saint-Cloud ! Loin des tribunes aseptisées des stades actuels, les tribunes de Jean Bouin ont dégagé une énergie rare, unique!

Osons le dire, il y a eu une véritable communion avec le public de Jean Bouin ! Et le jeu n’y est pas étranger comme l’a fait remarquer le manageur de l’équipe de France, Thierry Janeczek, en comparant  «  un ailier touche autant de de ballons en un match qu’il en toucherait en un mois à XV ! »

Paris et la FFR tiennent donc entre leurs mains, un évènement au potentiel sportif et marketing considérable pour tout le rugby hexagonal. Un évènement qui devrait grandir sans difficulté dès la saison prochaine, après la médiatisation que vont lui offrir les Jeux Olympiques de Rio. Vivement #ParisSevens2017 !

Adrien Boschet et Jean-Baptiste Guégan

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