ASVEL: l’heure des choix pour Tony Parker

Tony-Parker
Tony Parker entend bien diriger l’Asvel pour les 25 prochaines années

Président de l’ASVEL et actionnaire majoritaire depuis 2014, Tony Parker a investi massivement lors de l’exercice 2014-2015, puis opté pour une stratégie différente suite aux résultats décevants de son équipe. Plusieurs options s’offrent désormais au meneur des Spurs, plus que jamais déterminé à s’inscrire dans le long terme avec son club.

Tony Parker est avant la prochaine renégociation des salaires en NBA, le sportif le mieux payé en France, avec 19,9 millions d’euros de revenus par an. Véritable businessman, le Français pèse 300 millions d’euros dont 40 % de ses revenus sont issus du sponsoring. Et il se veut très ambitieux pour son club au point d’avoir inclus dans son projet, plusieurs joueurs NBA comme Michael Finley, son ancien partenaire aux San Antonio Spurs et Corey Maggette, l’ancien joueur des Los Angeles Clippers.

Désireux d’entreprendre dans le basket hexagonal, le président du club Villeurbannais a ainsi donné de sa personne et fortement investi dans son club en le dotant du plus gros budget de Pro A avec 7,3 millions d’euros lors de la saison 2014-2015. Déçu des résultats (5e de Pro A, éliminé en quart de finale par Le Mans), Parker a revu sa copie cette année pour l’ASVEL, avec un budget en nette baisse (de 7,3 à 5,9 millions d’euros) même s’il reste le 3ème plus important de la compétition.

En dépit d’une défaite en finale de la Coupe de France face au Mans, d’une double élimination en Leaders Cup et en Coupe FIBA, et d’une grogne montante devant les prestations du 5 aligné par JD Jackson, l’équipe a arraché sa participation aux prochains play-offs. Très loin des ambitions affichées…

Comment augmenter les recettes de l’ASVEL : donner de sa personne

tony-parker-ASVEL-présidentPour compenser la baisse du budget, le meneur de l’Equipe de France a cherché à développer les partenariats entre son club et les entreprises de la région, tout en s’appuyant sur son image. Les entreprises qui signent avec l’ASVEL optent ainsi pour une stratégie claire : s’offrir le président Parker comme égérie en signant avec le club de Villeurbanne.

Plusieurs sponsors importants sont ainsi arrivés comme Tissot, chronométreur officiel du championnat NBA dont Parker est l’ambassadeur, mais aussi Acer, Puressentiel ou encore Cerise et Potiron. Le Président du club villeurbannais a également signé avec la station de ski de l’Alpe d’Huez, en février dernier. Elle devient la station officielle du club pour la fin de saison et les trois prochaines. Une recette qui fonctionne puisque les recettes sponsoring de l’ASVEL ont cru de 10% comme l’a annoncé Gaëtan Muller, bras droit du Président et partenaire de Tony Parker chez les U20 de l’Equipe de France.

Des partenariats innovants pour une exposition très américanisée

S’inspirant de son expérience américaine et des stratégies conduites en NBA, le Président de l’ASVEL a aussi essayé de reproduire le concept de Fan zone en France afin de créer un véritable spectacle autour de son club. Une initiative encore jamais testée pour un match de basket-ball en France.

tony-parker-clippers

«Les San Antonio Spurs ont une très belle fan zone. Nous souhaitions en mettre une en place en gardant les spécificités françaises» précise Gaëtan Muller. «Nous sommes partis d’une feuille blanche. Cela n’a pas la taille de ce qui ce fait aux USA mais l’objectif est d’apporter un divertissement avant, pendant et après le match aux spectateurs» ajoute Fabrice Massin, Directeur Marketing Acer France.

Dans le cadre de son accord avec l’ASVEL, la marque Acer est ainsi partie à la rencontre de futurs consommateurs avec  «l’Acer Fan Zone». Au programme, la possibilité de jouer à des jeux vidéo de foot, voiture ou encore de basket sur NBA 2K16, un jeu dont Tony Parker est la figure de proue en France. Co-branding quand tu nous tiens…ou comment valoriser ses intérêts personnels et ceux de son club dans des partenariats croisés très profitables.

Tony Parker, image de marque des Bleus et de la FFBB à L'Eurobasket
Tony Parker, meneur dans tous les domaines

Une communication personnelle au service de ses activités et de l’ASVEL

Outre une carrière menée de main de maître, la communication est en effet la force de Tony Parker pour activer et développer des partenariats. Très présent sur les réseaux sociaux avec plus de 3 millions de j’aime sur Facebook, 1,8 millions d’abonnés sur Twitter, ou encore 200 000 abonnés sur Instagram, il est le quatrième sportif français le plus présent sur les réseaux sociaux. Il a également inclus une clause dans ses contrats, de sorte que chaque sponsor soit en mesure de soutenir financièrement l’une de ses associations. Une aubaine pour le club de Villeurbanne.

Egérie de choix pour les entreprises, Tony Parker, élu sportif préféré des Français en 2014, bénéficie également d’un impact sans commune mesure sur les nouvelles générations. Une autre de ses qualités pour tout sponsor et partenaire. Tout est donc réuni pour mêler avec profit, sport et business. Et en cela, William Anthony Parker, de son vrai nom, s’inspire de ses illustres prédécesseurs qui «tous deux réussi sur et en dehors des parquets »: Michaël Jordan, le propriétaire milliardaire des Charlotte Hornets et Magic Johnson, « un super businessman, qui a réussi dans les affaires et a investi avec succès dans le club de Détroit. » 

Avec de tels exemples, le Président de l’ASVEL se prépare d’ores et déjà une retraite active à la hauteur du grand sportif qu’il est. De là à lorgner sur les revenus des retraités du sport les plus fortunés, il n’y a qu’un pas. La petite entreprise Parker n’est donc pas prête de connaître la crise. Et l’ASVEL en profitera assurément.

Maxime Sevilla, Quentin Migliarini et Jean-Baptiste Guégan

1 commentaire

  1. Un peu d’innovation dans le sport français, ça fait du bien !
    C’est un sujet intéressant quant on regarde ce qui est fait en foot ou en rugby. On retrouve des modèles très différents dans le football ,comme PSG (du cash lié à un fond souverain),, Monaco (du traiding), Saint-Etienne (salary cap) ou Lyon (investissements).
    Bravo à TP, qui dépoussière un peu les choses, dans un sport français qui manque d’imagination.

LAISSER UN COMMENTAIRE