On a lu : L’autobiographie de Dan Carter

Un rugbyman d'exception, Dan Carter

Avec son autobiographie, Dan Carter revient sur sa carrière en club et chez les All Blacks, révélant l’homme sous le joueur d’exception qui a presque tout remporté. A quelques jours d’une finale de Coupe d’Europe avec son équipe, le Racing 92, l’occasion était belle de découvrir ce monument du XV au travers de ses propres mots.

En racontant comment il a embrassé une carrière de rugbyman professionnel, Dan Carter s’affiche au fil des pages, tel qu’il nous apparaît sur un terrain : impressionnant de facilité. Tout simplement. Surdoué du ballon ovale, son parcours sidère par son aisance et laisse d’autant plus pantois qu’une telle réussite se déroule dans la patrie du rugby mondial, la Nouvelle Zélande.

« Que se passait-il? En moins de deux ans, j’étais passé d’une équipe de club espoirs (..) au sommet chez les Blacks.« 

Dan Carter lors à sa première convocation chez les All Blacks en 2003

L’importance d’être un All Black

Certes, Dan Carter reconnait des difficultés … à l’école. S’il avoue ne pas avoir été très scolaire, il n’a pour autant jamais été un cancre. Récit très classique d’un champion, son autobiographie nous invite à découvrir l’enfance de celui qui s’est imposé comme le maître à jouer des Blacks. C’est ainsi à l’école qu’il connait peut être son premier traumatisme rugbystique – et oui cela arrive même à des joueurs néo-zélandais… Son équipe des Christchurch Boys’ est laminée lors du derby par le lycée rival du Christ’s College : une défaite qu’il ne digère toujours pas malgré les années et un palmarès XXL (4 Super 12, 2 titres de Champion du monde, 6 Tri-Nations…). La preuve d’un engagement et d’une passion exceptionnels.

Les All Blacks Carter, Nonu et McCaw
Trois double champion du monde retraités : Carter, McCaw et Nonu

Saisir l’importance du rugby dans la société et l’éducation en Nouvelle-Zélande est l’autre intérêt de cette autobiographie. En effet, on oublie trop souvent que Graham Henry, le responsable de la « reconquista » des Blacks de 2004 à 2012, était un ancien proviseur. Ce qui n’est pas peu dire quand on sait qu’il est considéré comme le coach qui a remis de la discipline dans la « classe » All Blacks ! Une reprise en main que nous conte le joueur du Racing, où dès sa prise de fonction, Coach Henry mit fin aux sorties d’après-matches et autres 3e mi-temps (encore) trop abondamment arrosées, aussi surprenant que cela puisse paraître...En témoigne le choix du très stylisé Kapa o Pango, un nouveau Haka, où les All Blacks puise leur ambition « de tout gagner » et de devenir la « meilleure équipe de l’histoire ».

Dan Carter, un jeune Black parmi les légendes du jeu

L’autre attrait de cet ouvrage est de nous faire entrer dans l’intimité de Dan Carter avec les autres grands noms du rugby néo-zélandais. De l’idole Andrew Merthens, en passant par le gourou Wayne Smith ou encore le perfide Justin Marshall, le livre fourmille d’anecdotes au pays des Blacks. Toute la passion et la complexité du rugby néo-zélandais se laisse alors découvrir en même temps que la jeunesse d’un Carter dépassé par les enjeux de sa notoriété soudaine.

« J’étais tellement jeune et désorienté que j’aurais parlé à n’importe qui. »

Dan Carter

Au travers d’un chapitre complet (la dure loi du marché), c’est ainsi toute la vulnérabilité des jeunes joueurs professionnels qui apparaît vis-à-vis des médias et des sponsors. Dan Carter nous y avoue sa timidité et sa naïveté, au point d’avoir été exploité à ses débuts, au moment de signer l’un de ses premiers contrats de sponsoring avec une marque de sous-vêtements. Une péripétie qui marque la fin de son investissement dans la mode…

Le récit d’une vie, l’expérience d’un sportif d’exception

Un joueur d'exception
Un joueur d’exception, un légende de son sport

L’autre atout de cette autobiographie tient à ses nombreux passages exclusivement rugby, qui tous reviennent sur certaines des rencontres et victoires historiques auxquelles cette « légende All Black » a pris part en sélection.

Dan Carter n’oublie pas non plus sa vie en club. Il revient notamment sur son expérience à Perpignan, un véritable choc culturel, où il parvient à nous faire sourire à propos d’une séance vidéo interminable (à la française?) orchestrée par l’entraîneur du club, assez soporifique et improductive à son goût

Avec Duncan Greive qui l’assiste dans cet exercice autobographique, Dan Carter nous livre un récit simple, sincère comme l’âme néo-zélandaise est faite. Celle qui fait sans doute le ciment de l’esprit d’équipe légendaire des All Blacks.

Un joueur d'exception, un athlète exceptionnel, le chef d'orchestre du Racing

DAN CARTER, autobiographie d’une légende des All Blacks, Duncan Greive, Edition Marabout, 282 pages, 2016

Adrien Boschet et Jean-Baptiste Guégan

Adrien Boschet est enseignant en Histoire-Géographie. Franco-britannique, il voit le sport comme une passerelle culturelle, économique et sociale. Il pratique le rugby et le ju-jitsu depuis de nombreuses années et s’intéresse autant au XV qu’au Sevens.

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