OL : Jean-Michel Aulas crie au LOU

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Avec un Parc OL qui ne désemplît pas et une équipe redevenue performante, Jean-Michel Aulas a de quoi être satisfait. Et pourtant, entre bonnes nouvelles, concurrence inattendue et décisions tranchées, l’OL est dans tous ses états.

Du haut de ses 59 816 places et de ses 600 millions d’investissement, le Parc OL est une franche réussite. Accroissement du taux de remplissage du stade (près de 80% depuis l’inauguration), doublement du temps de présence des supporteurs sur le site et donc augmentation des recettes du club, budget sponsoring approchant les 30 millions d’euros grâce à ce nouvel outil, réussite en tant que stade connecté : tout semble sourire à l’Olympique Lyonnais. Toujours à la recherche d’un naming pour son stade éponyme, l’OL a retrouvé une certaine attractivité pour ses partenaires et les sponsors désireux d’accroître leur visibilité.

« Même si l’aléa sportif influe en termes de prévision et de performances, les principaux indicateurs financiers, structurels et stratégiques sont effectivement au vert. Concernant le Parc OL, le résultat est à la dimension de ce qu’on avait imaginé. Non seulement le stade est beau mais il fonctionne très bien. […] Avec le Parc OL, on a un champion français, un produit unique en France et en Europe sur le plan technologique qui a une visibilité mondiale. Cela a une valeur qu’il ne faut pas brader. Certaines négociations n’ont pas abouti car on ne voulait pas accepter une valorisation en dessous de la vraie valeur du stade pour son naming. On a donc maintenu notre approche de prix comprise entre 8 et 10 M€ par saison). »
Jean-Michel Aulas, Le Figaro, 17 février 2016

Tout va au mieux dans l’un des clubs les mieux gérés de France avec l’ASSE et le PSG. Comme en témoignent la reconduction et la revalorisation du profitable contrat signé avec Hyundai. D’un montant estimé à 15 millions d’euros , la cote lyonnaise est à l’image de son attaque, séduisante. Et cela se traduit par une exposition numérique du club en hausse avec 200 000 followers sur Instagram, classant tous médias confondus, l’OL au 3ème rang derrière Paris, Marseille. Un exemple pour d’autres clubs actuellement en perdition…

Lacazette face à Rufier lors du derby OL-ASSE
Alexandre Lacazette Lyonnais en 2017?

Un mercato sous le signe d’une saine gouvernance

Pour autant, Jean-Michel Aulas, en bon gestionnaire, prépare l’avenir. Alors que tout dépend de la lutte avec l’AS Monaco, pour une qualification directe dans la rémunératrice Champions League, l’heure est à préparation de la saison prochaine. Et l’une des certitudes aujourd’hui, c’est que Clément Grenier sera placé à sa demande, sur la liste des transferts, comme l’a annoncé le président lyonnais devant l’auditoire des jeunes d’HEC débat le mardi 19 avril.

« On a la chance d’avoir une grande densité et une grande qualité de joueurs au milieu et devant. Clément a sa place dans cette équipe si elle se qualifie en Coupe d’Europe mais si, pour des raisons qui lui sont propres, il souhaite voir un autre environnement comme il l’a déjà souhaité une ou deux fois par le passé, on ne s’opposera pas. »
Jean-Michel Aulas, 20 avril 2016

Rassuré par les performances de Sergi Darder, et plus enclin à exposer les jeunes joueurs de son centre de formation pour mieux les valoriser à la revente, la nouvelle n’a rien de surprenant, tant du point de vue économique et sportif. Le sort de Matthieu Valbuena dont la mise en concurrence fragilise l’apport sportif, est un autre sujet brûlant.

Malgré l’un des salaires les plus importants de Ligue 1 avec 6 millions d’euros annuel, ses performances ne sont pas à la hauteur de l’investissement consenti. Une question qui animera à coup sûr le feuilleton estival des transferts et mobilisera l’inévitable sens des affaires de Jean-Michel Aulas, aux côtés d’Alexandre Lacazette et Maxwell Cornet. Une autre preuve de l’existence d’une véritable gouvernance à l’OL: celui de savoir prévoir et anticiper.

Une concurrence inattendue pour l’OL, celle du LOU à Gerland

Le Parc OL, nouvel écrin pour l'Olympique Lyonnais
Le Parc OL, nouvel écrin pour l’Olympique Lyonnais

Tout semble donc réussir à Jean-Michel Aulas et à l’OL. L’OM de son meilleur ennemi, Vincent Labrune, s’enfonce dans le marasme et rien ne semble troubler le quotidien lyonnais depuis que Bruno Genesio a pris les rênes de l’équipe première. En attendant que ce dernier soit confirmé ou remplacé, tout semblait aller dans le meilleur des mondes à Lyon… jusqu’à l’annonce de l’installation prochaine du LOU à Gerland. Une occasion formidable pour le patron de Jean-Michel Aulas de s’emporter de manière très médiatique alors que le sujet est sur la table depuis fin août 2015

« Tel qu’il est présenté par Olivier Ginon, propriétaire du LOU, ancien administrateur de l’OL et président de GL Events, le projet du LOU à Gerland peut porter préjudice au Parc OL. Il y a concurrence en matière de cible, d’hospitalités, de festivités. Le projet n’est pas déposé ni affiché. »
Jean-Michel Aulas, 18 avril 2016

Pourquoi un tel emportement pour l’ex-Président de la Cegid ? La concurrence nouvelle et inattendue du LOU, le club de rugby lyonnais, tout juste sacré champion de France de Pro D2, risque de concurrencer le nouveau Parc OL. Avec une offre de sport collectif étendue pour une zone de chalandise de deux millions de personnes, la deuxième aire urbaine française qu’est Lyon peut absorber la présence d’un club de rugby. Là encore, le risque de voir le LOU affecter les revenus du Parc OL, son taux de remplissage et indirectement les marges du groupe OL reste minime. Une saine colère peut-être mais qui n’est sûrement pas sans arrières-pensées locales, politiques et personnelles.

Jean-Baptiste Guégan

1 commentaire

  1. Il suffit de regarder l’exemple bordelais pour comprendre son inquiétude. même si l’OL me semble à l’abri d’un désenchantement à la mode girondine, il suffirait d’une mauvaise saison pour qu’une partie du public se reporte sur le rugby. Comme pour l’UBB, le LOU a beaucoup d’atouts dans sa poche pour fidéliser des amateurs de sports: une identité de jeu, la capacité d’attirer des stars internationales et un stade à la hauteur de ses ambitions.
    A Bordeaux la corrélation entre les piètres résultats de l’équipe de foot et le regain d’intérêt pour le rugby dans la ville n’est plus à démontrer. A Lyon, surtout en l’absence de Bourgoin dans l’élite, le club de rugby est appelé grandir mais est ce que ce sera au détriment de l’OL ?

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