Open, l’autobiographie d’Andre Agassi

Agassi triomphe de Roland-Garros en 1999 (AFP / François-Xavier Mary)
Agassi triomphe de Roland-Garros en 1999 (AFP / François-Xavier Mary)

Nous aimons vous faire partager nos lectures. Dernièrement, nous avons – littéralement – dévoré Open, l’autobiographie du Kid de Las Vegas, André Agassi, réédité aux éditions J’ai Lu (2011).

Pas si loin des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, Andre Agassi se livre sans voile. Les pages dans lesquelles il avoue ses problèmes capillaires (il a longtemps porté une perruque avant d’opter définitivement pour le style crane rasé), sa consommation ponctuelle de drogues récréatives qui l’a conduit à un contrôle antidopage positif ou encore ses péripéties amoureuses avec la médiatique Brooke Shields puis la championne Steffi Graff ont beaucoup fait parler.

On y apprend aussi, sans ménagement, qu’Agassi, pourtant lauréat de huit titres du Grand Chelem, de l’or olympique ou de deux Coupe Davis, a longtemps honni le tennis. Dès son plus jeune âge, son père ne lui a pas laissé d’autres choix que de s’entraîner très dur (on apprécie les passages où Agassi évoque « le dragon », le fameux lance-balle amélioré par son père) pour devenir professionnel quitte à laisser l’école de côté où à s’exiler seul à la naissante Bolletieri Academy. Ce tennis, qu’il a souvent traîné comme un boulet, l’a, certes, conduit vers des périodes de doute voire de dépression. Cependant, il l’a aussi amené vers de belles rencontres et de beaux moments : à la fin de sa carrière, Agassi a trouvé son équilibre, il aime le tennis.

Agassi, tout en sincérité et plein d'anecdotes
Agassi, tout en sincérité et plein d’anecdotes

Bourré d’anecdotes, l’ouvrage évoque aussi quelques aspects sporteco que nous avons souhaité vous faire partager.

L’entourage d’un champion

C’est ce qui ressort de ce livre : le tennis a beau être un sport solitaire, il faut être bien entouré pour réussir. En effet, il est clair que sans sa tribu qui l’a accompagné et suivi tout au long de sa carrière, Agassi n’aurait pas atteint les sommets ; il aurait facilement fui un destin qui l’attendait. Véritables boussoles, ses proches lui ont permis de rester sur les bons rails et surtout d’éviter les sorties de route irréversibles. On peut citer son frère aîné « Philly« , son ami d’enfance devenu son manager « Perry« , ses entraîneurs successifs, Brad Gilbert puis Darren Cahill, son préparateur physique et mental « Gil » ou « J.P.« , un ancien prêcheur reconverti en musicien. Il ne faut pas oublier la présence de ses fiancées successives, « Wendi », Brooke Shields et enfin Steffi Graff, plus que présentes à ses côtés.

Agassi, une gueule et des tenues qui vont avec
Agassi, une gueule et des tenues qui vont avec

Nike, je t’aime… moi non plus

L’image d’Agassi est indéniablement liée à la marque à la virgule. Tout jeune espoir du tennis américain, alors qu’il commence à écumer le circuit national avec son frère Philly, Nike démarche les deux frangins et leur propose un contrat de 20 000 dollars annuels sur deux ans. Une somme énorme pour la fratrie qui, boostée par le père, réussit à faire monter les enchères de 5 000 dollars. Ensuite, d’un point de vue marketing, Nike a largement profité des facéties d’Agassi et de son extravagance vestimentaire (short en jean, t-shirts bariolés, sous-short rose, etc.) pour conquérir un nombreux public. Chaque nouvelle tenue était reprise – et achetée – par des milliers de fans ! Et lorsque l’on apprend qu’Agassi disposait d’actions de la marque, on ne peut que se dire que cela était justifié. En revanche, à l’US Open 2005, on déplore l’attitude de l’équipementier qui, déçu que son poulain soit parti chez Adidas, a essayé de le déstabiliser, lors de son quart de finale face à James Blake (Nike), en « donnant des T-shirts à ses fans » et « en les poussant à applaudir« .

Une fausse raquette

Avant qu’Agassi ne signe avec Head en 1992, marque qu’il n’a après plus quittée, il a débuté sa carrière chez Prince. Un jour, Nick Bolletieri, son entraîneur d’alors, en manque de liquidités pour financer sa grande académie de tennis, engage Agassi avec Donnay. Une catastrophe ! Impossible de jouer ! La décision est alors prise de maquiller les Donnay en Prince ! Les victoires reviennent instantanément mais la facétie est vite repérée par le sponsor qui finira par lui fabriquer … une copie d’une Prince.

 

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