FFR : développer le « sevens », avec Rio en point de mire

Comme le XV, le rugby à VII fait peau neuve avec un peu de rouge
Comme le XV, le rugby à VII fait peau neuve avec un peu de rouge

En 2016, à Rio, le rugby à VII deviendra sport olympique. L’occasion pour la Fédération Française de rugby (FFR) de promouvoir ce sport télégénique et d’accélérer son développement. Focus sur les moyens mis en place entre deux épreuves des World Series masculines (Wellington et Las Vegas) et après Sao Paulo pour les femmes.

« Le grand cirque du rugby », comme l’appelle affectueusement Jean-Louis Boujon, vice-président de la FFR en charge de son développement, a quitté les antipodes brésiliens (pour les femmes) et néo-zélandais (pour les hommes) pour offrir son spectacle sur le sol américain (Las Vegas ce week-end pour les hommes et un peu plus tard en mars à Atlanta pour les femmes).

Peu connu en France, le « sevens » ou rugby à VII est, encore dans l’ombre de « l’organisation traditionnelle du rugby à XV, présent dans toutes les classes d’âge et sur tout le champ de la saison. » Pour y remédier, la FFR a « amorcé une politique de développement au niveau national avec la mise en place du programme Puissance 7. Dans chaque comité territorial désormais, un élu référent sera épaulé par un cadre technique, une personne en charge de l’arbitrage et une personne en charge de la logistique, sorte de directeur de tournoi. » On parle aussi de développer un club de rugby à VII adosser à chaque club de Top 14 lors de la prochaine saison. Pour l’instant, sans davantage de médiatisation et de résultats, difficile d’envisager un essor de la pratique.

« Plus de 5 millions d’euros d’investissement pour le rugby à 7 »

C’est là qu’interviennent les équipes nationales, vitrines et parties intégrantes du dispositif de développement. Les sélections masculines et féminines visent la qualification à Rio via la série d’épreuves des World Series (les quatre premiers au classement général à l’issue des épreuves obtiendront un sésame pour Rio). Sauf que les résultats sportifs ne sont pour l’instant pas à la hauteur chez les hommes*.

La FFR dispose « d’un budget de plus de 5 millions d’euros (dont 3,3 millions d’euros pour les hommes selon l’Equipe), qui comprend aussi des moyens d’accompagnement : encadrement (psychologue, préparateur physique, etc.), mise à disposition de l’INSEP (cryothérapie, luminothérapie ou d’hypoxie. » Toutefois, les meilleurs joueurs préfère encore se diriger vers le XV où les efforts de la FFR sont plus importants. Des passerelles existent. Jean-Marcelin Buttin vient d’être appelé pour pallier un forfait lors de l’étape de Las Vegas mais difficile d’imaginer son club de Clermont le laisser à disposition sur la saison entière.

Avec l'équipe de France de rugby à VII avant son départ pour Sao Paulo. Reportage de Jean-Baptiste Broustau, Romain Bouchenot et Victor Bertin

Le rugby à 7 est certes « entré dans un schéma dédié à la haute performance. » Les athlètes sont encadrés, les moyens techniques semblent en place mais les modalités diffèrent pour espérer aller à Rio. Les femmes « ont une bourse de la part de la FFR plus une bourse destinée aux sportifs de haut niveau. Les hommes sont salariés de la FFR ». Une volonté  pour « offrir aux femmes un double projet sportif et professionnel. Elles font pour la plupart, en parallèle de leur préparation, des études. »

Contrairement aux femmes où beaucoup alternent entre équipe de France à VII et à XV en fonction des échéances, les hommes sont spécialisés. Les enjeux et moyens autour de l’équipe de France à XV n’ont rien à voir. La logique de clubs empêche parfois les synergies. Peu de grands talents du XV aident le VII même en cas de gros objectifs comme les JO dont la qualification se joue en partie maintenant.

Une étape des World Series à Paris ?

Comment alors impacter et soutenir le développement du rugby à VII pour la FFR ? Peut-être envisager un sponsoring spécifique pour le VII. Là encore, le sportif conditionne tout : il faut obtenir « un meilleur ranking et de réduire le déficit de reconnaissance. Le groupe Canal+ nous aide beaucoup en ce sens en diffusant les World Series. »

La réflexion stratégique est encore en cours, tout comme la possibilité d’accueillir une épreuve à Paris, « comme autrefois les Air France Sevens à Charléty, pour que le public français vienne découvrir le VII. » Le cadrage de la FFR pour le développement du rugby à VII semble acté. Reste aux équipes de France à assurer niveau résultats, pour les sortir définitivement de l’ombre du XV.

*A Sao Paulo, l’équipe de France féminine a confirmé son bon résultat de Dubai avec une nouvelle quatrième place. Chez les hommes, malgré un premier match prometteur face aux leaders sud-africains (victoire 22-5), les Français ont manqué la qualification en quart de finale mais ont remporté la Bowl, la coupe des perdants de la première heure.

N.B : Pour suivre les femmes en direct lors des World Series, c’est ici. Prochaine étape les 13 & 14 mars.

Crédit Photo : FFR

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