Pédale! … douce

Lance Armstrong en une du Pédale! #4

La coupe du monde terminée, le tour de France prend le relai, un tour parti sur les chapeaux de roue avec deux favoris à terre et des français en forme. De quoi doper l’intérêt pour ce sport ? C’est en tout cas le pari des éditions So Press (So Foot, So Film) qui ont édité pour la quatrième année consécutive, toujours quelques jours en amont de la Grande Boucle, un nouveau numéro de Pédale!, leur magazine dédié à la petite reine. Teamsporteco, une nouvelle fois conquis, a décidé d’analyser sa rentabilité.

Les éditions So Press reviennent avec un quatrième numéro du magazine Pédale!, titre volontairement provocateur, qui aborde le cyclisme avec un ton décalé et une approche centrée sur les histoires et non les résultats. Dans la même veine que So Foot, leur premier fait d’armes, qui s’est imposé comme une référence dans l’univers footbalistique, So Foot Junior, la version pour les plus jeunes, ou So Film, la déclinaison pour le septième art, Pédale! s’impose petit à petit auprès de tous les amoureux du vélo.

Ce magazine, édité une fois par an, à l’approche du Tour, pour profiter de l’engouement cycliste du mois de juillet, est-il rentable ?

So Foot, le grand frère, qui s’écoule à 50 000 exemplaires par mois, génère un chiffre d’affaire de 214 000 euros par numéro. Franck Annesse, l’un des fondateurs du groupe de presse, révèle, dans une interview, que les premiers résultats de diffusion de Pédale! étaient à la hauteur des attentes avec près de 15 000 exemplaires vendus en 2012. Nos estimations, en se basant sur une progression un peu moindre que celle de SoFoot, montrent que le magazine cycliste pourrait espérer une diffusion totale payée de l’ordre de 20 000 exemplaires (vendu en kiosque à 6,50 euros cette année contre 5 les années précédentes). Cela ferait un chiffre d’affaire de diffusion de l’ordre de 130 000 euros.

A cela, il faut ajouter les revenus publicitaires. La régie de So Press, Mint facture par exemple 8 500 euros pour la dernière de couverture. En comptant, les insertions publicitaires du dernier numéro, TeamSportEco table sur quelques 20 000 euros de recettes.

Côté dépenses, cela amortirait une partie des frais généraux suscités. Prenons SoFoot où l’élaboration et la publication d’un numéro coûte au groupe So Press près de 40 000 euros de frais généraux. Pour Pédale!, numéro unique, tablons sur uniquement deux mois de frais généraux (au prorata soit 6 600 euros) auquel il faut ajouter tous les coûts salariaux comprenant les piges journalistiques (150 euros l’article chez So Press en moyenne à 60 euros la page, une paille). Prenons la moitié des articles en pige soit dix pour un total de 1 500 euros. Puis deux mois de salaires et charges des personnes impliquées dans la confection du magazine (journalistes, graphistes…), une équipe de 10-12 personnes, nous obtenons environ 120 000 euros de salaires et charges sociales.

Tous frais lissés, Pédale! serait donc potentiellement rentable avec 150 000 euros de revenus contre 128 100 euros de dépenses. L’avantage pour SoPress réside également dans la logique de mutualisation des coûts en interne et surtout, dans une diversification éditoriale qui ne fait pas perdre d’argent au groupe. Ceci est très important dans un contexte où l’univers de la presse papier peine à boucler ses fins de mois.  Vu sous cet angle, avec un modèle économique rôdé, prenons les paris : prochaine étape, So Music, SoHistory ou SoTV pour agrandir la famille ? Attention toutefois à ne pas se mettre en danger en concurrençant de près ou de loin des références telles Les InrocksTélérama ou Vice  !

Sources : www.mint-regie.com, www.standard-magazine.com
Benchmark et analyses : TeamSportEco

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